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. La Métisse
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. Présentation
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La question identitaire est très compliquée au Québec. QUI est autochtone, qui ne l'est pas? QUI est métis, qui ne l'est pas? Qui est blanc? Qui ne l'est pas?
QUI décide de QUI on est ou pas?

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Les autochtones cartés me traitent de blanche parce que je n'ai pas ''la carte''. Mais si j'entre dans un commerce sur une réserve, juste en me voyant
on me la demande.
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Les blancs qui viennent me voir dans le bois viennent rencontrer une indienne.
Les autochtones qui viennent veulent attaquer une blanche. Ils repartent en saluant l'indienne.

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Les étrangers rencontrés sur la rue, des touristes ou des nouveaux-arrivants me salue spontanément d'un chaleureux
''kwe kwe!''.
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Plusieurs associations métisses
me demandent de rejoindre leurs rangs
et je refuse tout le temps.
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Y en a d'autres qui me disent que je ne devrais pas m'appeler La Métisse parce que je ne suis pas rattachée à une communauté métisse historique.
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Les Métis peuvent s'appeler Métis juste si
ils vivent dans la culture métisse.
Mais des autochtones métissés qui ressemblent à des blancs peuvent cracher sur tous les Métis. 
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Métis avec un M Majuscule?
Ou un m minuscule?
Té métissé? ou wannabe?
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Les Métis de l'Ouest disent qu'ils sont les seuls métis au Canada
et qu'il n'y en a pas au Québec.
Les autochtones cartés et métissés du Québec sont bien contents de ça.
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Avoir des ancêtres blancs et autochtones fait pas de toi un métis, culturellement parlant, sauf en milieu autochtone, génétiquement parlant.
Mais faut pas le dire.
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Les autochtones nés d'unions mixtes se font traiter de blancs.
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Plusieurs autochtones enragent juste à entendre le mot ''métis''.  Et faut pas écrire le mot ''indien'' même si on le dit tout le temps, tous les jours, en milieu autochtone.
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J'ai pas la carte pour des lois de blancs qui existaient au temps de mes arrières grands-parents. Les mêmes qui se sont faits traités de blancs parce qu'ils ont refusé d'aller vivre sur la réserve indienne. Entre autres.
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Si j'entreprenais les démarches (excessivement longues et coûteuses),
je pourrais obtenir un statut d'autochtone
hors-réserve. J'arrive à mes 50 ans.
Je me suis toujours débrouillée sans carte, sans statut et sans privilèges.
Comme mes ancêtres.
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Bref... Y a de la chicane partout.
SAUF EN DEDANS DE MOI!



Sauvageonne ermite, femme des bois,
coywolfe solitaire
qui aime vivre et écrire dans le silence.


J'aime mon nom de la Métisse.
Et j'aime ceux qui me l'ont donné.
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Mon nom de La Métisse m'a été donné par des autochtones, dans leur façon de me dire qu'ils honoraient mon côté indien,
tout en voyant la blanche,
parce que je n'ai pas de carte.
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Quand j'ai reçu ce nom, je me suis sentie vraie et honnête quand j'entrais dans les cérémonies autochtones en disant:
À tous mes Ancêtres,
To all my ancestors, Mitakue oyasin,
Kassinu nikanesh.
J'honore mes ancêtres autochtones
comme mes ancêtres européens.
Et ça me fait du bien.
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Malgré toute la polémique autour du métissage, des lois et du racisme, je porte mon nom de La Métisse comme un symbole de PAIX,
comme du temps où les métis
étaient les médiateurs
et le symbole de l'Amour
entre deux cultures et nations.
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Mon parcours de Vie m'a mené vers l'expression
 de mes racines indiennes,
et mon âme est en paix dans la pratique de la médecine et de la spiritualité autochtone.  
J'ai vécu, aimé, enseigné, prié et je me suis guérie en milieu autochtone.
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J'ai un long vécu en forêt, seule,
sans électricité ni eau courante.
 Je connais plusieurs plantes.
Je parle aux Arbres et aux Animaux.
Je suis en contact avec mes Ancêtres.
Ma Mère est la Terre,
et mon Père est le Ciel.
Comme pour tous les HUMAINS.
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Nomade voyageuse, je suis partie sur le pouce, sur une période de plus de 15 ans, pour rencontrer des Ainés dans différentes nations autochtones ou métisses,
au Québec, dans les provinces voisines,
dans les Plaines et aux États-Unis.
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Chemin faisant, j'ai appris beaucoup sur ce qui me passionne : la médecine traditionelle par les plantes.
Au cours de mes voyages et formations,
j'ai vu que beaucoup de communautés avaient perdu ce savoir.
Je ne demande qu'à le redonner.
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Je ne suis pas porteuse de la médecine d'une nation en particulier. Je suis allé chercher ce qu'il y a de commun dans toutes les nations visitées.
Ce que j'ai appris et ensuite mis en pratique est devenu MA PROPRE MÉDECINE.
Celle que j'enseigne aujourd'hui à mon prochain.
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Mon travail s'adresse à tous les amoureux de nos forêts, qui trouvent logique d'apprendre à respecter l'environnement
et à connaitre les plantes qui les entourent.
Il n'y a pas de raisons pour moi, encore moins le racisme, d'empêcher un frère humain d'apprendre
à se soigner naturellement et d'améliorer son lien au Vivant.
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L'inspiration, les visions, le savoir et les enseignements qui m'habitent sont le résultat de mes propres choix de vie, des enseignants que j'ai choisis, des études que j'ai faites et des expériences que j'ai accumulées.
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Ce que j'ai noté, observé et essayé en milieu autochtone et ailleurs, je l'ai ensuite réinvesti dans mon propre vécu en forêt.
J'ai compris.
Mes enseignantes s'appellent NUKUM.
Mon école s'appelle FORÊT.
Mon meilleur patient s'appelle MOI-MÊME.
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Enseignante diplômée,
herboriste autodidacte,
généalogiste amateure,
historienne improvisée
et chercheuse méthodique,
j'ai trié et organisé toutes mes notes d'études
pour écrire une encyclopédie
et redonner au suivant.
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Ma Vie prend tout son sens
et je trouve le bonheur quand mon savoir,
mes dons, mon expérience et ma spiritualité sont au service de mon prochain.
Je travaille pour la Terre.
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De tout mon coeur
Isabelle Kun-Nipiu Falardeau.



 
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